« Les langues sont un trésor et véhiculent autre chose que des mots. Leur fonction ne se limite pas au contact et à la communication. Elles constituent d’une part des marqueurs fondamentaux de l’identité, elles sont structurantes, d’autre part, de nos perspectives »

Cette phrase du philosophe Michel Serres sonne comme le commencement d’une grande aventure pour les étudiants Dickinson du deuxième semestre. A peine un de leurs pieds est-il posé sur le tarmac de l’aéroport Toulouse Blagnac que déjà la France toute entière emplie leurs poumons. Marianne elle-même semble les accueillir.

L’aéroport étant situé à l’extérieur de la ville, il est nécessaire d’utiliser la voiture ou les transports en communs pour se rendre chez les hôtes. Ceux qui sont entrés dans un bus pour rejoindre le centre-ville s’en souviennent encore, la culture française était bel et bien là. Invisible, inodore, mais elle était pourtant dans l’air. A quoi se voit-elle me direz-vous ? Posez dont la question à Ingrid. Elle vous répondra « Merci, au revoir ». Non pas qu’elle ne veuille pas vous parler et vous envoie promener, elle répond ici à votre question. Il s’agit d’une phrase qu’il est courant d’entendre dans les transports en commun. L’étudiante signale d’ailleurs qu’il s’agit d’une marque de politesse permettant de témoigner au chauffeur sa gratitude et de ne pas considérer son service comme acquis. La France est le pays de la politesse ? Ne généralisons pas, oui les français sont polis, mais comme partout il y a des individus qui ne souhaite pas se plier à cette règle de conduite morale. Ingrid le signale d’ailleurs parfaitement.

Le moment de partager un repas chez les hôtes toulousains arrive enfin. Voici le moment tant attendu pour découvrir l’un des traits les plus caractéristiques de la culture française : la gastronomie.

Joséphine signale l’importance que revêt la nourriture dans les sociétés contemporaines comme la France. Pour elle, plus que d’être un simple besoin primaire, la nourriture est avant tout identitaire. L’étudiante souligne en effet que ce que nous mangeons reflète notre façon de vivre, ainsi que notre philosophie. Cette expérience a également permis une révélation qui semble parfaitement normale à ce stade du séjour. Oui la baguette de pain fait partie intégrante de la table des français, le coq au vin, le cassoulet et la bouillabaisse… un peu moins ! Joséphine a parfaitement raison, cerner un concept aussi abstrait que « la culture française » dans la réalité du repas semble impossible.

Pourtant Luke a eu la chance de découvrir des spécificités culinaires françaises qui, au-delà de la simple baguette de pain, sont relativement caractéristiques de ce qu’est le repas habituel d’un citoyen français. En effet, le fromage était sur la table ! Il s’agissait de roquefort et la stupeur a été au rendez-vous lorsque l’étudiant a appris que le nom provenait en réalité de caves appelées Roquefort. Luke a ainsi pu toucher du doigt la grande diversité qui entoure les spécialités culinaires de l’hexagone. Seulement, comme sa camarade Joséphine, il estime à juste titre qu’il convient de ne pas généraliser. Des familles américaines ont également l’habitude de consommer des produits locaux et de prendre le temps de savourer de la bonne nourriture. Inversement, des familles françaises consomment elles aussi de la junk food.

Du reste, la culture française est loin d’être imperméable. Ce serait même tout le contraire. En effet, la langue comporte de plus en plus d’anglicismes et Tristan, lors d’une balade au nouveau centre commercial de Compans-Cafarelli, s’en amuse beaucoup. En effet, le lieu n’est pas encore totalement achevé que déjà des affiches publicitaires font la promotion des services à venir. Quoi, un « french burger » ? Pourquoi pas un hamburger français tout simplement ? Bien que le terme soit déjà emprunté à la langue de Shakespeare… La similitude peut parfois être aussi déroutante que la différence culture. En l’espèce, tel est le cas.

Le choc culturel du à la cuisine ne saurait se limiter au seul diner. Les étudiants ne pensent-ils qu’à manger ? Non, du moins pas à ma connaissance. La nourriture française est leur tout premier élément de comparaison tangible sur la thématique du choc des cultures. Christie n’échappe donc pas à la règle. Ce coup-ci, le coupable n’est plus le diner mais le petit-déjeuner. Quoi ? Des bols de thé et de cafés dans lesquels on trempe ses tartines de pain ? L’étudiant, pourtant cosmopolite en raison du fait qu’elle a vécu dans beaucoup de pays différents, n’avais jamais vu ça ! L’explication dite « terre à terre » serait celle qui dirait qu’un bol est plus large qu’une tasse, et que d’y tremper son pain serait plus facile. Pourtant, une autre cause est très vite apparue à l’étudiante. Serait-ce la volonté de tout simplement apprécier son petit-déjeuner ? De s’assoir en sirotant son café plutôt que de le prendre à emporter sans avoir le temps de le savourer. L’explication semble très convaincante. Du reste, Christie s’est livrée à l’expérience et avoue, non sans joie, qu’il est bon de prendre le temps d’apprécier les bonnes choses.

Bienvenue en France !

Michaël Capdase

 

This quote of the philosopher Michel Serre announces the beginning of a great adventure for the second semester Dickinson students. They had barely set foot on the Toulouse airport tarmac before France entirely filled their lungs. It was as if the Marianne herself was welcoming them.

 

Since the airport was situated outside the city, it is necessary to take a car or public transportation to get to their hosts’ homes. Those who travelled by bus remember that even before reaching the city centre, they well and truly felt the presence of French culture.  Invisible, undetectable, but nevertheless in the air: how then do we know it’s there? Just ask Ingrid. She will respond, “Merci, au revoir.” It isn’t that she doesn’t want to talk to you or get rid of you, she’s answering your question. This is a commonly heard phrase in French public transportation. The student explains that it’s a sign of politeness, showing gratitude to the driver and expressing that she doesn’t take the service for granted. Is France the land of politeness? Let’s not generalize – yes, the French are polite, but like anywhere else there are individuals who don’t wish to comply to these rules of moral conduct. Ingrid understands perfectly.

 

Finally, the time to share a meal with the hosts has arrived. Now is the long-awaited moment for students to discover one of the most characteristic traits of French culture: la gastronomie.

 

Josephine signals the importance food takes in contemporary societies like France. For her, more than a simple primary need, food is above all a part of one’s identity. The student suggests that what we eat reflects our way of life, as well as our philosophy. This experience also allows a revelation that seems perfectly normal at this stage of the stay. Yes, the baguette is an integral part of the French table, coq au vin, cassoulet and bouillabaisse…a little less! Josephine is perfectly right, to define a concept as abstract as “the French culture” in the reality of a meal seems impossible.

 

Yet Luke has been lucky enough to discover French culinary specialties that, beyond the simple baguette, are relatively characteristic of that which constitutes a typical French meal : the cheese was on the table! While eating Roquefort, Luke was astonished to learn that the cheese is named after the cave in which it is made. He had begun to discover the great diversity that defines French cuisine. Only, like his classmate Josephine, he rightly recognizes that it’s better to not generalize. Just as there are American families who consume local products and take time to savour good food, there are also French families who consume junk food.

 

Besides, French culture is far from impenetrable. In reality, it’s the opposite – the French language includes more and more Anglicisms, which Tristan, while walking through the new mall at Compans-Cafarelli, found quite amusing. The space isn’t even completed, and yet there are already advertisements promoting services to come. What is a “French burger”? Why not simply “un hamburger français”? Although the term “hamburger” itself is borrowed from English, the cultural similarities can sometimes be as disconcerting as the differences. That’s the case in this situation.

 

Food-based cultural shock isn’t limited to dinner. Do students only think of eating? Not to my knowledge. Food is often one of students’ first tangible mediums of cultural comparison, and therefore one of their first experiences of culture shock. Christie doesn’t break this rule. This time, the guilty party is not dinner, but breakfast. What? Bowls of tea and coffee in which one dunks toast? Even this student, however cosmopolitan she may be – having lived in multiple countries, has never seen the like. The logical explanation would be that since a bowl is larger than a cup, it is therefore easier to dunk your toast. However, another explanation quickly came to the student: might it simply be the desire to take the time to appreciate breakfast? To sit and sip your coffee, rather than gulp it down on the go without savouring it? That explanation seems very convincing. Christie has engaged in this experience and joyfully admits that it is good to take the time to appreciate life’s pleasures.

 

Bienvenue en France!

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