« Après un autre moment de silence, elle a murmuré que j’étais bizarre, qu’elle m’aimait sans doute à cause de cela mais que peut-être un jour je la dégoûterais pour les mêmes raisons » (Albert Camus, L’étranger, 1942)

Le monde littéraire s’est toujours passionné pour les différences qui existent entre les êtres humains. Camus semble avoir perçu toute l’ambivalence qui les animent, tantôt fascinantes, tantôt détestables, elles n’en demeurent pas moins distrayantes. Le dicton « si on était tous pareil, on s’ennuierait » prend alors tout son sens. Une fois de plus, les étudiants Dickinson relatent ces divergences culturelles, et nous livrent leurs débuts de réflexions !

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La conception de la barrière qui sépare les sphères publiques et privées semble, pour Hannah, mériter toute notre attention. L’image des clôtures qui entourent les habitations est un exemple on nepeut plus parlant. Là où les maisons américaines apparaissent relativement ouvertes et accueillantes, les bâtisses françaises et leurs murs d’enceinte semblent infranchissables, masquant même jusqu’à l’habitation. Pour certain, cette ouverture architecturale aux États-Unis serait le symbole d’une vie professionnelle qui s’immisce dans les relations familiales, ou encore un moyen de révéler aux yeux de tous une certaine réussite sociale. Quelles que soient les raisons qui motivent cette grande distinction, il n’en demeure pas moins que, pour Hannah, le « culte de la beauté » serait à l’origine de l’ouverture accueillante.

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Alors le « culte de la beauté » est-il exclu de la société française ? Kristin nous en livre un exemple marquant, et ce par le biais du prisme de la beauté corporelle, physique. Elle remarque que les cabinets de toilettes français ne sont pas nécessairement tous équipés de miroir. L’image que l’on renvoie est-elle ainsi moins importante en France ? Le « culte de la beauté » physique est-il absent ? Probablement pas, il serait simplement différent. C’est d’ailleurs la conclusion à laquelle parvient Kristin, il ne s’agirait que d’une simple différence culturelle, qui peut tout de même se révéler déconcertante lorsqu’on n’en a pas l’habitude. D’ailleurs, elle affirme volontiers que l’abandon du paraitre a du bon, et permet d’avantage de se concentrer sur ce qui est réellement essentiel.

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Zoé nous livre également d’autres différences culturelles surprenantes pour un jeune américain. Qu’il s’agisse des systèmes de santé ou universitaire, les locaux français qui abritent les médecins, étudiants ou professeurs paraissent quelque peu datés en comparaison d’avec les États-Unis. Quid alors de l’explication d’une telle différence ? Zoé met en avant le financement majoritairement public de ces institutions. Le « culte de la beauté » des locaux institutionnels et de leurs équipements, absent en apparence, serait alors lié à des moyens économiques moindres. Pour autant, cette sphère privée qui semblerait en lien avec la modernité architecturale ne serait pas inexistant. Il est des universités, écoles ou encore cliniques qui ne sont pas entièrement financées par des fonds publics, mais bel et bien privés. Ces institutions là se démarquent par une modernité omniprésente, tant dans leurs équipements que la structure qui les accueille. Finalement, Zoé arrive à une conclusion semblable à celle de Kristin. La beauté ne fait pas la qualité. Les prestations proposées par les services de santé, ainsi que les cours dans les universités françaises ne sont pas impactés par des locaux qui semblent de prime abord datés. D’ailleurs, le rhume tenace de Zoé s’est guéri en quelques jours après la consultation chez le médecin !

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Toutes questions de financement institutionnel mises à part, mais en lien avec le système de santé français, Erika se demande comment la population fait pour échapper aux urgences médicales, alors que le code de la route du pays parait peu accessible pour un jeune américain. Priorité à droite, peu d’espace pour tourner, omniprésence des giratoires… Les français seraient-ils simplement chanceux pour ce qui est d’éviter les accidents ? Probablement pas, l’habitude explique l’aisance, et si les français paraissent éviter les accidents, c’est tout simplement parce que le code de la route leur est enseigné dès le plus jeune âge, et donc qu’il ne leur parait pas obscur un seul instant. Pourtant, on ne le dira jamais assez, le nombre de morts sur la route est loin d’être nul. Les préconisations faites par Erika semblent, avec cet élément, plus que louables.

Toutes ces divergences culturelles, comme le disait Camus, sont un facteur d’attrait entre les peuples. Malheureusement, elles peuvent aussi être tellement déroutantes qu’elles finissent par créer un clivage important. Pourtant, et les étudiants Dickinson en ont conscience, si tout le monde était pareil, de quelles richesses disposeraient l’être humain ? Finalement, de légères différences ne nous amènent-elles pas à une contemplation profonde du monde qui est le notre ?

Michaël Capdase

 

 

« Après un autre moment de silence, elle a murmuré que j’étais bizarre, qu’elle m’aimait sans doute à cause de cela mais que peut-être un jour je la dégoûterais pour les mêmes raisons » (Albert Camus, L’étranger, 1942).

The literary world is always interested by the differences that exist between humans. Camus seems to have noticed all of the ambivalence that they present, at times fascinating, at times disagreeable, they’re not any less entertaining. The saying “if we are all the same, life would be boring” begins to make more sense. Once more, a few Dickinson students present their views on these daily cultural divergences and offer their reflections.

The idea of the barrier that separates public and private life seems, to Hannah, to merit our attention. Fences that she has observed around French houses represent the idea of this barrier. From the outside, American houses appear relatively open and welcoming. However French homes are relatively closed off, sometimes even obstructing the view of the house from the street. For some, this difference symbolizes the cultural contrast between the merging of family and professional life. For others, it could even be a difference in the method of displaying one’s social success. Whatever other reasons exist for this large distinction, Hannah finds that obsession with appearances could be the basis.

So, is the obsession with appearance, with beauty absent from French society? Kristin brings us a noteworthy example through different perspectives on physical beauty. She notes that French half-baths don’t necessarily have a mirror. Is it less important to check how you look in France? Is the obsession with one’s appearance inexistent here? Most likely not, it could simply be different. Kristin came to the conclusion it is just a cultural difference that can be frustrating when one is not used to it. Besides, putting aside physical appearances sometimes makes room for one to concentrate on that which is essential and real.

Zoe points out other surprising cultural difference based on appearances for a young American. Comparing healthcare and university systems, her experience in French university and her visit to a medical doctor suggest that these institutions are a bit run down in comparison to those of the United States. How can we explain this difference? Zoe finds public institutional funding to be a major cause. These institutions may lack in appearance and their resources based on their lack of sufficient financial means. As such, the private sector is more associated with modern architecture. There are universities, schools, and even clinics that are not entirely financed by public funds. Such institutions often display an omnipresent modernity with state of the art equipment. Overall, Zoe and Kristin came to similar conclusions; external beauty does not equal quality. French medical structures and French universities may appear less well maintained, but this does not necessarily imply an inferior level of care or of study. What’s more, Zoe’s cold finally went away after her doctor’s visit!

All questions of government funding put aside, but in line with the French health system, Erika asks how the population avoids medical emergencies when traffic can seem chaotic because the rules of the road are less clear to her. Complicated use of the right of way, little room to turn, and roundabouts everywhere…the French are possibly just lucky to avoid accidents. Or maybe, the French are used to this as they learn the rules of the road quite young and thus it seems obvious and natural to proceed this way. Yet, we cannot emphasize enough how reckless driving results in a good number of deaths. Erika’s reasoning seems, with this element in mind, acceptable.

All of these cultural differences, as Camus said, bring people together. Unfortunately, they can also be very disconcerting, creating deep fractures in our understanding of each other. Yet, as the Dickinson students are aware, if the whole world was the same, what beauty would we find in being human? After all it is these seemingly small differences that offer food for thought about the greater world that surrounds us…

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