{"id":5283,"date":"2016-12-13T14:31:48","date_gmt":"2016-12-13T12:31:48","guid":{"rendered":"http:\/\/blogs.dickinson.edu\/toulouse\/?p=5283"},"modified":"2016-12-13T14:31:48","modified_gmt":"2016-12-13T12:31:48","slug":"apres-un-autre-moment-de-silence-elle-a-murmure-que-jetais-bizarre-quelle-maimait-sans-doute-a-cause-de-cela-mais-que-peut-etre-un-jour-je-la-degouterais-pour-les-memes-raisons","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.dickinson.edu\/toulouse\/2016\/12\/13\/apres-un-autre-moment-de-silence-elle-a-murmure-que-jetais-bizarre-quelle-maimait-sans-doute-a-cause-de-cela-mais-que-peut-etre-un-jour-je-la-degouterais-pour-les-memes-raisons\/","title":{"rendered":"\u00ab Apr\u00e8s un autre moment de silence, elle a murmur\u00e9 que j&#8217;\u00e9tais bizarre, qu&#8217;elle m&#8217;aimait sans doute \u00e0 cause de cela mais que peut-\u00eatre un jour je la d\u00e9go\u00fbterais pour les m\u00eames raisons \u00bb (Albert Camus, L\u2019\u00e9tranger, 1942)"},"content":{"rendered":"<p>Le monde litt\u00e9raire s\u2019est toujours passionn\u00e9 pour les diff\u00e9rences qui existent entre les \u00eatres humains. Camus semble avoir per\u00e7u toute l\u2019ambivalence qui les animent, tant\u00f4t fascinantes, tant\u00f4t d\u00e9testables, elles n\u2019en demeurent pas moins distrayantes. Le dicton \u00ab&nbsp;si on \u00e9tait tous pareil, on s\u2019ennuierait&nbsp;\u00bb prend alors tout son sens. Une fois de plus, les \u00e9tudiants Dickinson relatent ces divergences culturelles, et nous livrent leurs d\u00e9buts de r\u00e9flexions !<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-187 size-large alignnone\" src=\"http:\/\/blogs.dickinson.edu\/fr300\/files\/2016\/10\/IMG_8992-1024x518.jpg\" alt=\"IMG_8992\" width=\"604\" height=\"306\"><\/p>\n<p>La conception de la barri\u00e8re qui s\u00e9pare les sph\u00e8res publiques et priv\u00e9es semble, pour Hannah, m\u00e9riter toute notre attention. L\u2019image des cl\u00f4tures qui entourent les habitations est un exemple on nepeut plus parlant. L\u00e0 o\u00f9 les maisons am\u00e9ricaines apparaissent relativement ouvertes et accueillantes, les b\u00e2tisses fran\u00e7aises et leurs murs d\u2019enceinte semblent infranchissables, masquant m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 l\u2019habitation. Pour certain, cette ouverture architecturale aux \u00c9tats-Unis serait le symbole d\u2019une vie professionnelle qui s\u2019immisce dans les relations familiales, ou encore un moyen de r\u00e9v\u00e9ler aux yeux de tous une certaine r\u00e9ussite sociale. Quelles que soient les raisons qui motivent cette grande distinction, il n\u2019en demeure pas moins que, pour Hannah, le \u00ab&nbsp;culte de la beaut\u00e9&nbsp;\u00bb serait \u00e0 l\u2019origine de l\u2019ouverture accueillante.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-197 aligncenter\" src=\"http:\/\/blogs.dickinson.edu\/fr300\/files\/2016\/10\/Blog-225x300.jpg\" alt=\"Blog\" width=\"225\" height=\"300\"><\/p>\n<p>Alors le \u00ab&nbsp;culte de la beaut\u00e9&nbsp;\u00bb est-il exclu de la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise ? Kristin nous en livre un exemple marquant, et ce par le biais du prisme de la beaut\u00e9 corporelle, physique. Elle remarque que les cabinets de toilettes fran\u00e7ais ne sont pas n\u00e9cessairement tous \u00e9quip\u00e9s de miroir. L\u2019image que l\u2019on renvoie est-elle ainsi moins importante en France ? Le \u00ab&nbsp;culte de la beaut\u00e9&nbsp;\u00bb physique est-il absent ? Probablement pas, il serait simplement diff\u00e9rent. C\u2019est d\u2019ailleurs la conclusion \u00e0 laquelle parvient Kristin, il ne s\u2019agirait que d\u2019une simple diff\u00e9rence culturelle, qui peut tout de m\u00eame se r\u00e9v\u00e9ler d\u00e9concertante lorsqu\u2019on n\u2019en a pas l\u2019habitude. D\u2019ailleurs, elle affirme volontiers que l\u2019abandon du paraitre a du bon, et permet d\u2019avantage de se concentrer sur ce qui est r\u00e9ellement essentiel.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-327 alignright\" src=\"http:\/\/blogs.dickinson.edu\/fr300\/files\/2016\/11\/IMG_6654-169x300.jpg\" alt=\"IMG_6654\" width=\"169\" height=\"300\"><\/p>\n<p>Zo\u00e9 nous livre \u00e9galement d\u2019autres diff\u00e9rences culturelles surprenantes pour un jeune am\u00e9ricain. Qu\u2019il s\u2019agisse des syst\u00e8mes de sant\u00e9 ou universitaire, les locaux fran\u00e7ais qui abritent les m\u00e9decins, \u00e9tudiants ou professeurs paraissent quelque peu dat\u00e9s en comparaison d\u2019avec les \u00c9tats-Unis. Quid alors de l\u2019explication d\u2019une telle diff\u00e9rence ? Zo\u00e9 met en avant le financement majoritairement public de ces institutions. Le \u00ab&nbsp;culte de la beaut\u00e9&nbsp;\u00bb des locaux institutionnels et de leurs \u00e9quipements, absent en apparence, serait alors li\u00e9 \u00e0 des moyens \u00e9conomiques moindres. Pour autant, cette sph\u00e8re priv\u00e9e qui semblerait en lien avec la modernit\u00e9 architecturale ne serait pas inexistant. Il est des universit\u00e9s, \u00e9coles ou encore cliniques qui ne sont pas enti\u00e8rement financ\u00e9es par des fonds publics, mais bel et bien priv\u00e9s. Ces institutions l\u00e0 se d\u00e9marquent par une modernit\u00e9 omnipr\u00e9sente, tant dans leurs \u00e9quipements que la structure qui les accueille. Finalement, Zo\u00e9 arrive \u00e0 une conclusion semblable \u00e0 celle de Kristin. La beaut\u00e9 ne fait pas la qualit\u00e9. Les prestations propos\u00e9es par les services de sant\u00e9, ainsi que les cours dans les universit\u00e9s fran\u00e7aises ne sont pas impact\u00e9s par des locaux qui semblent de prime abord dat\u00e9s. D\u2019ailleurs, le rhume tenace de Zo\u00e9 s\u2019est gu\u00e9ri en quelques jours apr\u00e8s la consultation chez le m\u00e9decin&nbsp;!<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-330 aligncenter\" src=\"http:\/\/blogs.dickinson.edu\/fr300\/files\/2016\/11\/traffic-light-FR300-Blogjpeg-300x150.jpeg\" alt=\"traffic light FR300 Blogjpeg\" width=\"300\" height=\"150\"><\/p>\n<p>Toutes questions de financement institutionnel mises \u00e0 part, mais en lien avec le syst\u00e8me de sant\u00e9 fran\u00e7ais, Erika se demande comment la population fait pour \u00e9chapper aux urgences m\u00e9dicales, alors que le code de la route du pays parait peu accessible pour un jeune am\u00e9ricain. Priorit\u00e9 \u00e0 droite, peu d\u2019espace pour tourner, omnipr\u00e9sence des giratoires\u2026 Les fran\u00e7ais seraient-ils simplement chanceux pour ce qui est d\u2019\u00e9viter les accidents&nbsp;? Probablement pas, l\u2019habitude explique l\u2019aisance, et si les fran\u00e7ais paraissent \u00e9viter les accidents, c\u2019est tout simplement parce que le code de la route leur est enseign\u00e9 d\u00e8s le plus jeune \u00e2ge, et donc qu\u2019il ne leur parait pas obscur un seul instant. Pourtant, on ne le dira jamais assez, le nombre de morts sur la route est loin d\u2019\u00eatre nul. Les pr\u00e9conisations faites par Erika semblent, avec cet \u00e9l\u00e9ment, plus que louables.<\/p>\n<p>Toutes ces divergences culturelles, comme le disait Camus, sont un facteur d\u2019attrait entre les peuples. Malheureusement, elles peuvent aussi \u00eatre tellement d\u00e9routantes qu\u2019elles finissent par cr\u00e9er un clivage important. Pourtant, et les \u00e9tudiants Dickinson en ont conscience, si tout le monde \u00e9tait pareil, de quelles richesses disposeraient l\u2019\u00eatre humain ? Finalement, de l\u00e9g\u00e8res diff\u00e9rences ne nous am\u00e8nent-elles pas \u00e0 une contemplation profonde du monde qui est le notre&nbsp;?<\/p>\n<p>Micha\u00ebl Capdase<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p lang=\"en-GB\"><em><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-size: medium\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif\"><span lang=\"fr-FR\">\u00ab Apr\u00e8s un autre moment de silence, elle a murmur\u00e9 que j\u2019\u00e9tais bizarre, qu\u2019elle m\u2019aimait sans doute \u00e0 cause de cela mais que peut-\u00eatre un jour je la d\u00e9go\u00fbterais pour les m\u00eames raisons \u00bb (Albert Camus, <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif\"><span lang=\"fr-FR\">L\u2019\u00e9tranger<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif\"><span lang=\"fr-FR\">, 1942).<\/span><\/span><\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p lang=\"en-GB\"><em><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-size: medium\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif\">The literary world is always interested by the differences that exist between humans. Camus seems to have noticed all of the ambivalence that they present, at times fascinating, at times disagreeable, they\u2019re not any less entertaining. The saying \u201cif we are all the same, life would be boring\u201d begins to make more sense. Once more, a few Dickinson students present their views on these daily cultural divergences and offer their reflections. <\/span><\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p lang=\"en-GB\"><em><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-size: medium\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif\">The idea of the barrier that separates public and private life seems, to Hannah, to merit our attention. Fences that she has observed around French houses represent the idea of this barrier. From the outside, American houses appear relatively open and welcoming. However French homes are relatively closed off, sometimes even obstructing the view of the house from the street. For some, this difference symbolizes the cultural contrast between the merging of family and professional life. For others, it could even be a difference in the method of displaying one\u2019s social success. Whatever other reasons exist for this large distinction, Hannah finds that obsession with appearances could be the basis.<\/span><\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p lang=\"en-GB\"><em><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-size: medium\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif\">So, is the obsession with appearance, with beauty absent from French society? Kristin brings us a noteworthy example through different perspectives on physical beauty. She notes that French half-baths don\u2019t necessarily have a mirror. Is it less important to check how you look in France? Is the obsession with one\u2019s appearance inexistent here? Most likely not, it could simply be different. Kristin came to the conclusion it is just a cultural difference that can be frustrating when one is not used to it. Besides, putting aside physical appearances sometimes makes room for one to concentrate on that which is essential and real.<\/span><\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p lang=\"en-GB\"><em><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-size: medium\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif\">Zoe points out other surprising cultural difference based on appearances for a young American. Comparing healthcare and university systems, her experience in French university and her visit to a medical doctor suggest that these institutions are a bit run down in comparison to those of the United States. How can we explain this difference? Zoe finds public institutional funding to be a major cause. These institutions may lack in appearance and their resources based on their lack of sufficient financial means. As such, the private sector is more associated with modern architecture. There are universities, schools, and even clinics that are not entirely financed by public funds. Such institutions often display an omnipresent modernity with state of the art equipment. Overall, Zoe and Kristin came to similar conclusions; external beauty does not equal quality. French medical structures and French universities may appear less well maintained, but this does not necessarily imply an inferior level of care or of study. What\u2019s more, Zoe\u2019s cold finally went away after her doctor\u2019s visit! <\/span><\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p lang=\"en-GB\"><em><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-size: medium\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif\">All questions of government funding put aside, but in line with the French health system, Erika asks how the population avoids medical emergencies when traffic can seem chaotic because the rules of the road are less clear to her. Complicated use of the right of way, little room to turn, and roundabouts everywhere&#8230;the French are possibly just lucky to avoid accidents. Or maybe, the French are used to this as they learn the rules of the road quite young and thus it seems obvious and natural to proceed this way. Yet, we cannot emphasize enough how reckless driving results in a good number of deaths. Erika\u2019s reasoning seems, with this element in mind, acceptable. <\/span><\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p lang=\"en-GB\"><em><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-size: medium\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif\">All of these cultural differences, as Camus said, bring people together. Unfortunately, they can also be very disconcerting, creating deep fractures in our understanding of each other. Yet, as the Dickinson students are aware, if the whole world was the same, what beauty would we find in being human? After all it is these seemingly small differences that offer food for thought about the greater world that surrounds us\u2026<\/span><\/span><\/span><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le monde litt\u00e9raire s\u2019est toujours passionn\u00e9 pour les diff\u00e9rences qui existent entre les \u00eatres humains. 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