L’argot et le langage soutenu

– Mariette ABORN

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Il serait impossible d’identifier combien de nouveaux mots j’ai appris au long du semestre. Quelques mots posent sont plus difficiles à retenir (comme épanouissant) mais d’autres se maitrisent inconsciemment à cause de leur fréquence (comme tire-bouchon). J’ai essayé d’apprendre le plus possible de mots et d’expressions différentes, mais l’apprentissage d’un mot ou d’une expression nécessite une compréhension de leur sens selon le contexte.

Une distinction entre la langue orale et la langue ou l’expression écrite caractérise le français. L’écrit est régi par un langage soutenu, mais à l’oral un autre langage règne. Les mots et les expressions informels peuvent être orientés vers un contexte très spécifique ou être si familiers qu’ils n’ont même pas une orthographe établie. En tant qu’étudiante de français, ces subtilités me rendent vulnérable aux malentendus. Par exemple, j’ai entendu l’expression « c’est marrant » plusieurs fois, en comprenant qu’il voulait dire « drôle », mais je l’ai imaginé écrit comme la couleur « marron ». Un autre exemple, tous mes professeurs utilisent l’expression « à un moment donné ». Mais, comme je ne l’ai jamais vu à l’écrit, je l’ai imaginé écrit comme « au moment du nez », même si je comprenais le sens de l’expression. Quand j’ai sorti cette expression pour la première fois avec une amie française, elle était morte de rire.

Bien qu’« à un moment donné » soit soutenu, il existe aussi une vraie richesse cachée dans les mots des jeunes ou dans l’argot. L’expression argotique que j’aime le plus et que j’ai appris est «chipoter ». Cependant, cette orthographe n’est pas sûre. Chaque Français à qui j’ai demandé de l’épeler m’a donné une opinion différente (chipotter, chipôter, et chippoter). J’ai appris ce verbe dans mon cours de théâtre quand le professeur, qui parlait des « hommes politiques », a été interrompu par une étudiante qui lui a proposé d’utiliser « les hommes et femmes politiques ». En réponse à cette interaction, une autre étudiante a crié de l’autre bout de la salle « ah toi, tu chipotes ». Ce que j’ai compris, même si c’était la première fois que j’entendais le mot, est que l’autre étudiante s’occupait trop des détails.

Les Français empruntent aussi des expressions anglaises. « Shotgun » désigne toute action de premier arrivé, premier servi. L’exemple qui m’a été fourni est dans le cas d’une liste de places limitées pour un voyage où l’on peut dire que les places seront « distribuées à shotgun ». Dans ce cas, les Français ont compris l’idée de shotgun, la place à côté du chauffeur dans une voiture comme nous, en tant qu’Américains, l’utilisons, mais ils l’ont appliqué dans un autre contexte.

En somme, malgré mes malentendus, je vais quitter la France avec un vocabulaire formel et informel élargi que je pourrai réutiliser à un moment donné (ou un moment du nez si vous préférez).

 

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