En France, 60 % des 70 % de la population carcérale est musulman (Moore). C’est vraiment choquant, parce que les musulmans ne représentent que 12 % de la population totale. C’est pourquoi il existe un stéréotype très répandu concernant les musulmans et la criminalité. Beaucoup de Français pensent que les musulmans sont naturellement enclins à la criminalité et qu’ils commettent beaucoup de crimes.
Même le président français, Emmanuel Macron renforce les stéréotypes et propage des informations erronées. Il a dit que « la moitié au moins des faits de délinquance viennent d’étrangers » mais ce fait n’est pas vrai (Lesueur). L’article explique que les statistiques que Macron a utilisées incluaient également les résidents légaux. De plus, les « faits des délinquances » ne sont que des arrestations à Paris, et non des poursuites judiciaires.
Les Français veulent sévir contre la criminalité pour résoudre ces problèmes, mais la cause profonde de ces problèmes est bien plus complexe. Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles les musulmans constituent la population carcérale la plus grande en France. Pour exemple, le gouvernement français isole les musulmans dans la banlieue défavorisée et loin des centres villes, où le taux de chômage est élevé, où les écoles sont la qualité médiocre, et où les logements sont insalubres.
Aussi, il existe un conflit majeur entre la religion et la sphère publique en France qui on dénomme le « laïcité ». Une question cruciale en matière de laïcité c’est entre le gouvernement français et les symboles religieux. La loi interdit les manifestations publiques de religion à grande échelle, ce qui est devenu un problème pour les femmes musulmanes parce qu’elles portent les hijabs ou l’abaya. Cette discrimination semble délibérée, puisque très peu d’autres religions sont concernées par ces mesures. Par exemple, quelqu’un peut porter un collier avec une croix chrétienne sans que personne ne remarque (Alouane). C’est là un autre point de friction entre les musulmans et le gouvernement.

En 2019, des femmes musulmanes ont manifesté contre l’interdiction du hijab et de l’abaya dans les écoles publiques.
La loi de laïcité est devenue « un instrument juridique illibéral qui restreint la liberté de religion » (Dalmia). La France utilise ce principe comme une arme contre sa population musulmane. Les musulmans en France sont victimes d’une forte discrimination. Ils sont plus exposés au chômage et sont victimes de ghettoïsation et de gentrification. La mosquée est devenue le seul lieu sûr pour les musulmans. Cependant, la radicalisation islamiste se répand de manière incontrôlée.
Selon la législation française, l’État n’a pas le droit d’intervenir dans les activités religieuses. Dans les mosquées françaises, 70 % des responsables religieux sont originaires de pays arabes et sont rémunérés par leur pays d’origine pour prêcher en France. Dans certaines de ces mosquées, on enseigne une interprétation ultra-conservatrice et stricte de l’islam, connue sous le nom de salafisme. Cette idéologie favorise la radicalisation, qu’elle est une forme d’extrémisme. La plupart des troubles et manifestations en France sont menés par des organisations salafistes.
Des jeunes musulmans français se rassemblent à Paris pour manifester contre Israël en juillet 2014.
Les prisons constituent un autre lieu où les musulmans se radicalisent. Avec près de 70 % de la population carcérale de confession musulmane, c’est un autre endroit où les idéologies extrémistes se propagent facilement. Les chercheurs estiment que « la frustration, le contact minimal avec le monde extérieur, l’efficacité limitée des aumôniers musulmans et l’application stricte de la laïcité française » font des prisons des foyers de radicalisation (Dalmia). Encore, les conditions socio-économiques défavorables renforcent le système carcéral industriel, ce qui ne fait que propager davantage le radicalisme salafiste.
Ces problèmes rendent la tâche difficile pour les Arabes et les musulmans de s’intégrer dans la société française, surtout à cause de tous les stéréotypes. Les communautés qui sont exclues de la société et confrontées à ces conditions sont plus susceptibles de commettre des délits. De plus, les musulmans ont été victimes d’une discrimination systématique et sont originaires de pays qui ont été des colonies françaises. Cette histoire de violence et cette marginalisation facilitent la radicalisation des jeunes Arabes et musulmans.
En réalité, les musulmans français souhaitent trouver des moyens d’intégrer leurs convictions religieuses dans la sphère publique. Comme tout groupe opprimé, ils aspirent à l’égalité entre les ethnies et les religions. Ils souhaitent pouvoir pratiquer leur religion librement et ouvertement. Cependant, la discrimination, la ghettoïsation et les banlieues les en empêchent. Certains diront que les politiques et le discours de la France à l’égard des musulmans poussent la population à se tourner davantage vers le salafisme, l’extrémisme et les manifestations violentes.
La situation est extrêmement complexe. Des changements systémiques et structurels s’imposent pour prévenir la radicalisation de la jeunesse musulmane et améliorer les conditions économiques. Le stéréotype selon lequel les musulmans seraient naturellement plus enclins à commettre des crimes ne tient pas compte des raisons qui expliquent ce phénomène et nie toute responsabilité. Ce stéréotype ne tient pas compte de la raison pour laquelle les populations musulmanes commettent plus de crimes. Il s’agit d’une défaillance systémique qui peut être résolue.
Ouvrages cités
Alouane, Rim-Sarah. « The Weaponization of Laïcité. » Georgetown University, 7 Oct. 2020, berkleycenter.georgetown.edu/posts/the-weaponization-of-laicite.
Dalmia, Vinayak. « Radicalization in Prisons and Mosques in France. » Air University, 9 June 2020, www.airuniversity.af.edu/JEMEAA/Display/Article/2213984/radicaliz ation-in-prisons-and-mosques-in-france/.
« France to ban Muslim students from wearing the abaya in state-run schools. » Middle East Eye, 27 Aug. 2023, www.middleeasteye.net/news/france-muslim-abaya-state-schools-ban.
Lesueur, Corentin. « A Paris, « la moitié au moins des faits de délinquance viennent d’étrangers » : d’où vient ce chiffre cité par Emmanuel Macron ? » Le Monde, 31 Oct. 2022, www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2022/10/31/a-paris-la-moitie-au-moins-des-faits-de-delinquance-viennent-d-etrangers-d-ou-vient-ce-chiffre-cite-par-emmanuel-macron_6148032_4355770.html.
Moore, Molly. « France : 70% of Entire Nations Prison Inmates are Muslim– Making up 12% French Population. » Washington Post Foreign Service, 29 Apr. 2008, www.antoniocasella.eu/nume/France_prison_MUSLIM_2008.htm.