« Voyager sans rencontrer l’autre, ce n’est pas voyager, c’est se déplacer ».

Tels étaient les mots d’Alexandra David Neel (1868-1969), journaliste, écrivaine et exploratrice française. Le voyage ne doit alors jamais être considéré comme une fin en soi. Le voyage pour le voyage ne rime à rien. Voyager, c’est avant tout une manière de se baigner à corps perdu dans la rencontre de cet Autre.

Mais qui est-il ? Pourquoi est-il si différent de moi ? Doit-je l’aborder ? Si oui, comment ?

Cet Autre, c’est tout simplement l’habitant de ce nouveau pays qui appelle à la découverte, qui a grandi bercé par une culture française, qui se nourrit de baguettes de pains et connait sur le bout des doigts ses classiques musicaux. Aucun français qui se respecte serait totalement incapable d’entonner le célèbre refrain d’Edith Piaf: « Quand il me prend dans ses bras, qu’il me parle tout bas, je vois la vie en rose » !

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Les étudiants américains du programme d’échange international Dickinson en France ont eu l’occasion de se confronter à l’Autre qui a une culture si différente. D’ailleurs, il en est extrêmement fier ! En témoignent les journées du patrimoine qui une fois par an permettent aux citoyens français de se voir ouvrir les portes des plus célèbres monuments du pays. Hung, qui n’est pas sans intérêt pour le patrimoine culturel de l’hexagone, a eu la chance de visiter le célèbre Capitole de Toulouse qui, rappelons le, était autrefois le siège du pouvoir des Capitouls.

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Ces journées du patrimoine sont également l’occasion de re-découvrir pour certains, découvrir pour d’autres, l’immense rayonnement international de la France. Forte d’une image romantique à souhait, véhiculée par les cadenas qui scellent l’amour des couples sur le pont des arts, elle est longtemps restée le pays le plus visité dans le monde, avec en 2014 plus de 32 touristes par habitants ! Zachary constata, lors de balades parisiennes au bord de la Seine, que l’être humain amoureux ne pouvait résister à la tentation de cette passerelle. L’envie d’y laisser un symbole fort d’un amour inconditionnel et éternel se fait plus puissante que tout, quelque fois au détriment de la préservation de monuments historiques… Ledit pont était en effet menacé par le poids des milliers de cadenas, avant que la mairie ne décide de les enlever.

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Les journées du patrimoines sont des moments privilégiés dans la vie d’un français, et souvent relativement éreintantes pour ceux qui en profitent jusqu’au bout sans en perdre la moindre miette. Mais lorsque les monuments ferment, vient le temps de rentrer chez soi, en voiture pour les uns, mais pour les autres plus écologistes c’est en bus que le trajet se réalise ! D’ailleurs, ce mode de transport en commun permet de réaliser à quel point la politesse fait partie intégrante de la culture française. Certes, il y aura toujours des gens mal élevés, mais Jillian a pu réaliser qu’une coutume existait dans les bus toulousains. Rares sont ceux qui ne disent pas « merci, au revoir » aux conducteurs. Les chauffeurs sont des personnes essentielles au bon fonctionnement du service des transports, en plus de conduire les individus d’un point A à un point B, ils sont surtout un vecteur de déplacement responsable du point de vue de la planète.

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Une fois à la maison, les moments de détente reprennent leur droit. Qui dit relaxation, dit partage avec sa famille. Qui dit partage dit repas ! La France est très attachée au fait de manger tous ensembles. Une fois de plus, les étudiants Dickinson ont pu en faire l’expérience. Mais… Parce qu’il y a un mais dans ce tableau idyllique, l’heure de la prise des repas peut paraitre étonnamment tardive d’un point de vue extérieur. Si il existe une expression qui dit « manger à l’espagnole » pour caractériser les repas qui s’éternisent, les français sont également très forts à ce petit jeu. D’ailleurs Lily ne manque pas de préciser la différence culturelle en la matière, et l’adaptation nécessaire qui en résulte. Elle souligne également l’importance que ces prises de repas ont pour les français, et en profite pour rappeler la nécessité de ne pas manger entre les repas pour mieux apprécier ces moments de partage.

Si Alexandra David Neel était toujours, elle confirmerait que les étudiants Dickinson ne sont pas en déplacement, mais bel et bien en voyage !

 

These are the words of Alexandra David Neel (1868-1969), French journalist, writer and explorer. The journey must never be considered as an end in itself. Traveling for the sake of traveling serves no purpose. Traveling is above all, a way of plunging headfirst into new and different relationships.

But who are these new people? Why are they so different from me? Should I approach them? If so, how? These others are quite simply the inhabitants of this new country that begs to be discovered who were raised in the French culture, who are fed baguettes and know classical music like the back of their hands. No self-respecting French person would hold back in singing along this famous lyric by Edith Piaf: “Quand il me prend dans ses bras, qu’il me parle tout bas, je vois la vie en rose.”

The American students of the Dickinson en France international exchange program have the opportunity to interact with the French who have a very different culture; a culture that they are very proud of. Witnessing the Journées du Patrimoine or Days of Heritage, once a year French citizens are permitted to see behind the doors of the most celebrated monuments of the country. Hung, who is quite interested in French cultural heritage, had the chance to visit the famous Toulouse capital building the former seat of power of the Capitouls. These heritage days are an occasion for some to rediscover, for others to discover the global scope of French cultural influence. The romantic image of France, represented by the padlocks which seal a couple’s love on Paris’s Pont des Arts, explains why it is the most visited country in the world, with 32 tourists per citizen in 2014. Zachary noted that, while strolling on the banks of the Seine, a lover cannot resist the temptation of this bridge. The desire to leave a symbol of unconditional and eternal love on the bridge is stronger than anything else, often to the detriment of the preservation of the historical monument. This bridge was, in reality, threatened by the weight of thousands of padlocks before the city government decided to remove them.

The Days of Heritage are precious in the lives of the French, and are often exhausting for those who take full advantage of every opportunity. When the monuments close comes the time for people to return home, some by car and the more eco-friendly by bus. This type of public transport allows us to realize the extent of the role of politeness in French culture. Despite some impolite passengers, Jillian realized that a ritualized practice exists in Toulousian buses. Rare are those who don’t say “Merci, au revoir” to the conductors. The drivers are essential to the proper functioning of public transit, and more than taking people from point A to point B, they are a symbol of sustainable transportation.

Once at home, relaxation takes hold, which means to spend time with family, especially sharing meals. France is very attached to the idea of eating all together. Once more, Dickinson students were able to have this experience. However, there is a caveat in this idyllic picture – the time that meals are eaten appear very late from an outsider’s prospective. If there exists an expression that says, “eating like the Spanish” to characterize long meals, the French are equally guilty. Lily made a point to notice the cultural difference regarding meals and the required adaptation. She highlighted the importance that meals have for the French, and she noted the necessity of not snacking to better appreciate time spent eating together.

If Alexandra David Neel was right, she would confirm that Dickinson students are not just traveling but are well and journeying!

 

 

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