Si vous descendez de l’avion après votre arrivée à La Nouvelle-Orléans, vous entendrez souvent la musique associée à la ville. Douce et suave, La Nouvelle-Orléans est connue pour sa musique. Mais, si vous recherchez l’origine de cette culture musicale, vous allez trouver des stéréotypes régionaux, raciaux, linguistiques et ethniques. Donc, des questions en surviennent : Est-ce que La Nouvelle-Orléans reconnaît les racines noires et francophones de sa musique ? La Nouvelle-Orléans admettra-t-elle un jour son passé raciste ?

Les Big Easy Brawlers
C’est un fait que La Nouvelle-Orléans a une multitude de styles musicaux. La scène musicale typique de La Nouvelle-Orléans d’aujourd’hui a des groupes, un exemple est les Big Easy Brawlers, un groupe qui « dans son ensemble déborde d’énergie et offre à son public un mélange entraînant de jazz puissant d’un groupe de cuivres, de funk, de soul et de hip-hop » (Camus). Un autre exemple est le Hot 8 Brass Band, leur succès « a ouvert la voie au genre de fusion pratiquée par d’autres groupes… » (Camus). Ceci est une journée typique, où des groupes et des genres s’unissent, mais nous devons reconnaître le passé duquel ces genres ont émergé.
Dans les années 1700, transportés contre leur gré dans des pays étrangers, les personnes africaines assujetties à l’esclavage avaient peu de réconfort. Donc, la base de la mentalité africaine a été créée, c’était « la notion de correspondance…de communion — communion avec soi-même, avec le groupe, la nature, le divin » (Minne). En raison de leurs conditions hostiles, où ils étaient soumis à des maîtres indifférents — sinon hostiles — déshumanisés par leur condition d’esclaves et séparés de leurs familles, la musique et la danse sont devenues très importantes pour le moral des Afro-Américains, et « la danse étant la musique du corps alors que la musique exprime et conduit la danse » (Minne). Ce sont les racines de cette culture musicale et la musique créole, mais—comme c’est souvent le cas dans la réception de la culture africaine aux États-Unis—une scène musicale extrêmement ségrégée a suivi.
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Un Festival de Jazz
La musique créole dominait la scène musicale de La Nouvelle-Orléans pendant des années, jusqu’à ce que la musique cajun soit devenue populaire. Alors, les représentations de la musique de la Louisiane française dissimulent les interstices entre des oppositions binaires (comme « noire-blanc, urbaine-rural, et différenciation-créolisation ») afin qu’il y ait eu le seul type de la musique, et la musique cajun a pu revendiquer (Murchison). Pendant l’ère de Jim Crow, c’est-à-dire ségrégationniste, les musiciens créoles noirs étaient souvent empêchés de jouer dans les lieux où des musiciens cajuns blancs jouaient, bien que les inspirations rythmiques et mélodiques provenaient de la musique créole, la musique cajun est devenue la musique de La Nouvelle-Orléans (Smith).
Certains historiens plaident en faveur de l’importance « d’oublier la ségrégation qui a influé sur la compréhension de la musique de la Louisiane française » (Murchison). Ils veulent ignorer des identifications ethniques ou raciales de la musique, et ils insistent que la musique soit une forme essentielle et représente l’assimilation et l’unification de cultures. Cette idée est idéaliste : vous ne pouvez pas comprendre la signification de cette musique sans reconnaître l’oppression exercée sur la musique noire et créole par des personnes au pouvoir. Par exemple, pendant longtemps, il y a eu la résistance des citoyens blancs et les transformations et la dénaturation que la musique de jazz dut subir, avant de recevoir droit de cité, et depuis le jazz a évolué (Minne). Nous ne pouvons pas oublier les transformations et la dénaturation de la musique créole, et nous devons enquêter sur la musique comme symbole des cultures marginalisées de La Nouvelle-Orléans.
En conclusion, il n’y a pas un seul type de musique, et nous devons reconnaître les racines de la musique de La Nouvelle-Orléans pour comprendre parfaitement ses origines, et nous devons espérer que d’autres comprennent aussi parce que la musique définit des générations de culture.
Ouvrages Cités
Camus, Cyril. « Dix Jours d’un Concert à l’autre à La Nouvelle-Orléans. » Miranda, vol. 26, octobre 2022. https://doi.org/10.4000/miranda.48377.
Minne, Pierre. « Une résurgence de la mentalité africaine aux U.S.A. La musique de jazz de la Nouvelle-Orléans. » Présence africaine, no 77, mars 1971, p. 109‑30. https://www.jstor.org/stable/pdf/24349585.
Murchison, Gayle « Desegregating the Understanding of Music. » Livres et Idées, 26 juin 2017. ISSN : 2105-3030. https://laviedesidees.fr/Desegregating-the-Understanding-of-Music.
Smith, Michael William. « Pockets of Freedom: Amédé Ardoin and the Racial Politics of Louisiana French Music during Jim Crow, 1929-1942. » Louisiana History, vol. 57, no. 1, janvier 2016, pp. 70–90. https://www.jstor.org/stable/pdf/43858279.
Des Images
@BigEasyBrawlers. « The Big Easy Brawlers. Photographer: Henry York. » Facebook, 24 septembre 2018, https://www.facebook.com/photo/?fbid=1944811548898455&set=a.488051579992021.
Ketchens, Doreen. « New Orleans Jazz & Heritage Festival 1993. » 1993. https://commons.wikimedia.org/wiki/File:New_Orleans_Jazz_Fest_1993_-_Lagniappe_Doreen%27s_Jazz_New_Orleans_01.jpg.